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Si vous ne devez voir qu'une ville en Sicile, c'est bien celle là. Décrite par Cicéron comme « la plus belle cité du monde

I a ville s'étend sur la côte orientale de la Sicile, dans L un cadre environnemental ravissant, composé par la rade pittoresque que délimite la péninsule de la Maddalena et l'îlot d'Ortigia, pratiquement relié à la terre ferme. Selon certaines sources fiables, des colons corinthiens y fondèrent, en l'année 734 avant J.-C, l'une des colonies les plus importantes de la Grande-Grèce. Les premiers établissements furent fondés sur l'îlot d'Ortigia qui devint le noyau originaire d'une expansion beaucoup plus ample des constructions et des monuments. Au cours de la période classique, Syracuse était pratiquement constituée par cinq noyaux urbains : Ortigia, Achaine, Taché, EPI polis et Népalis. Sa prospérité et sa puissance militaire augmentèrent rapidement et la ville devint rapidement l'un des pôles émergents de tout le bassin méditerranéen, allant jusqu'à battre les Carthaginois à Himère (480 avant J.-C.) avec l'appui des Agrigentins. En 474 avant J.-C, les Syracusains, aux ordres d'Hiéron, eurent raison des Étrusques au cours de la bataille navale de Cumes qui limita l'expansion territoriale vers le sud de ce peuple. En 413 avant J.-C, ce seront les Athéniens qui feront les frais du pouvoir syracusain, vaincus et déportés dans les Latomies, la plupart des prisonniers connaîtront une fin terrible. Après plusieurs vicissituo l'époque de la seconde guerre punique, la ville fu se par la ruse par les Romains (212 avant J.-C.) La puissance de Rome diminuant, Syracuse maintes fois mise à l'épreuve par les Francs, les dalles et les Goths ; réunie à l'Empire byzantin, mièvre moitié du Vie siècle), Syracuse accueillit la de Constant II qui y fut assassiné en 668. Occupé les Arabes en 878, elle fut privée de l'important administratif qu'elle avait joué jusqu'alors. Au i de la seconde moitié du Xle siècle, elle fut con par les Normands puis par les Angevins et, apn Vêpres, par les Aragonais qui lui redonnèrent pnb et autorité. A la suite des accords d'Utrecht, Syn. passa au Royaume de la Maison de Savoie et, f. suite, aux Autrichiens et aux Bourbons. De nos jours, Syracuse est une ville d'art d'un ex dénaire intérêt archéologique, un important pôle rustique, une localité balnéaire et un centre d'aci commerciales et industrielles. La ville - en partit dans l'île d'Ortigia - est caractérisée par l'aspect d’ide de ses constructions, par la beauté de son i tecture médiévale et baroque, et par l'imposante séance des vestiges de son passé.

 

Temple d'Apollon

Ce monument, qui date du début du Vie siècle avant J.-C, est le plus ancien temple dorique de Sicile. Au fil des siècles, il fut d'abord transformé en église byzantine, puis en mosquée arabe et enfin en basilique normande ; au XVIe siècle, il fut intégré dans une caserne espagnole. C'est sur ce site qu'un siècle plus tard fut érigée une église, démolie peu après la découverte des ruines du temple (1858) suite à laquelle de longues fouilles furent entreprises jusqu'en 1942. Les quelques rares vestiges du temple que l'on a retrouvés sont toutefois monumentaux : l'embasement à quatre marches, deux colonnes monolithiques complètes (sur les six et les dix sept respectivement disposées sur toute la largeur et la longueur de l'édifice), des parties de l'entablement et des vestiges du mur méridional de la cellule, autrefois subdivisée en trois nefs par deux colonnades internes.

Temple d’Apollon : détail

Du temple d'Apollon, on arrive sur cette place en empruntant le Corso Matteotti, sur lequel on peut admirer le palais Grec du XlVe siècle. Construite pendant la seconde moitié du XIXe siècle, la Place Archimède s'est intégrée au tissu urbain médiéval dont il "este encore des traces évidentes en dépit des travaux de reconstruction qui suivirent la Seconde Guerre mondiale. Agrémentée au centre d'une belle fontaine d'Artémis (1847-1909), elle est entourée d'immeubles élégants de différentes époques, dont : certains ont conservé dans leur architecture des éléments des instructions préexistantes du Moyen Age et de la Renaissance : e palais Platamone (siège de la Banque d'Italie), le palais Cargallo, e palais Lanza Bucceri et le palais qui abrite le Banco di Sicilia.

Palais Mergulese-Montalto

En quittant la place Archimède, il faut prendre la via Montalto, une rue médiévale très pittoresque, pour arriver devant ce palais construit en 1397 par le noble syracusain Maciotta Mergulese, comme l'indique une inscription de l'époque placée dans l'édicule située au-dessus de l'arc du portail d'entrée. Il ne devint la propriété de la famille Montalto que plus tard. La façade, sévère et élégante, allie en parfaite harmonie un style sobre et épuré, presque militaire, aux raffinements des décorations gothique-renaissance. Rythmé par une corniche à motifs dentelés, l'avant du palais est troué dans la partie basse d'un beau portail en arc aigu et dans la partie haute de trois fenêtres : une trilobée, une jumelée et une à une seule ouverture. La simplicité de cette dernière, l'élégance des deux autres, séparées par des petites colonnes torses et couronnées d'arcs enrichis de décorations inspirées du monde végétal pour ce qui est de la fenêtre trilobée, et géométriques pour celle jumelée.

Palais Vermexio

De retour sur la Place Archimède, prendre la via Roma puis tourner à droite dans la via Minerva jusqu'à la Place Duomo où, dans l'angle, se dresse le palais Vermexio, ou du Sénat. Siège de l'Hôtel de Ville, il fut édifié au XVIIe siècle pour abriter le Sénat syracusain. Les travaux de construction (1629-1633) furent confiés au célèbre architecte Giovanni Vermexio, auquel on doit la robuste structure sur deux niveaux du bâtiment. L'étage inférieur en bossage, troué au centre par le portail d'entrée, est délimité dans la partie haute par une frise dorique sobre au-dessus de laquelle se déroule un balcon bordé d'une élégante balustrade en fer forgé. Le deuxième étage, en style baroque, est en revanche beaucoup plus mouvementé, et se conclut par une corniche raffinée sur laquelle il fallut attendre le XIXe siècle pour voir apparaître l'atypique. Les fondations de l'édifice reposent sur les vestiges d'un temple ionique, celui d'Artémis selon toute probabilité, datant du Vie siècle avant J.-C; on peut d'ailleurs les visiter au sous-sol et dans le petit Antiquarium du palais.

Palazzo Beneventano del Bosco

Palais Beneventano del Bosco D'origine médiévale, cet édifice donne sur la Place Duomo, juste en face du palais Vermexio. Acheté par la famille Beneventano à la fin du XVllle siècle, il fut remanié par l'architecte Luciano Ali entre 1779 et 1788, époque à laquelle il a acquis son aspect actuel sans pour autant perdre la totalité de ses éléments d'origine, que l'on retrouve à l'étage inférieur. La façade, répartie sur deux niveaux, est trouée au centre par un élégant portail d'entrée flanqué de colonnes géminées et surmonté du balcon de la fenêtre centrale, elle-même couronnée par de grandes armoiries. Au-dessus de celles-ci, on peut encore admirer le tympan et le faîte élégant qui parachève la silhouette du bâtiment. La splendide cour intérieure est mouvementée par des colonnes jumelées que l'on retrouve aux étages inférieur et supérieur, des arcades et des fenêtres. Le grand escalier d'honneur conduit à l'étage, somptueusement décoré de sculptures, de stucs d'Ermenegildo Martorana et de toiles.

La Cathédrale

Dédiée à la Nativité de Marie, elle se dresse au-dessus des vestiges d'un temple d'Athéna, dont elle a conservé de nombreux éléments. A la fin du Vie siècle, ce grandiose édifice grec fut transformé en basilique chrétienne qui, vers la moitié du siècle suivant, accueillit la cathédrale. Remaniée et embellie à l'époque normande et à la Renaissance après le séisme de 1542, l'église subit plusieurs interventions à partir du XVIle siècle, interventions qui modifièrent considérablement l'aspect du temple d’origine : parmi elles, citons l'ouverture des chapelles du Sacrement, du Crucifix et de Ste Lucie, la reconstruction de la façade et du clocher, la construction de la coupole et la décoration en stuc des parois. La splendide façade baroque à deux ordres superposés, œuvre d'Andréa Palma (1725-1753), présente trois ouvertures permettant de pénétrer à l'intérieur, précédé d'un vestibule et subdivisé en trois nefs. Au fond de la nef centrale, au plafond en bois du XVIe siècle et sol du XVe siècle, s'ouvre le presbytère orné d'un autel baroque majestueux (1659) dont la table a été taillée dans le monolithe de l'entablement du temple grec. Le chœur est agrémenté de stalles en bois du xv siècle. La nef de gauche, dont la paroi est rythmée par dix colonnes du temple grec, est enrichie de sculptures des Gagini et se termine par une abside byzantine. Le long de la nef de droite, on peut admirer les splendides chapelles du Baptême, dont les fonts datent du Xllle siècle, de Ste Lucie avec la statue d'argent de la sainte, du Sacrement, œuvre de Giovanni Vermexio, et du Crucifix, d'où l'on passe dans la sacristie, à stalles en bois du XVe siècle. Le Trésor de la Cathédrale abrite des toiles précieuses et du mobilier de différentes époques.

Église S. Lucia alla Badia

 

L'élégante église baroque S. Lucia alla Badia se dresse elle aussi sur la Place Duomo. Cet édifice, construit par Luciano Caracciolo entre 1695 et 1703, remplaça une église préexistante détruite en même temps que le monastère cistercien lors du tremblement de terre de 1693. La façade, reconstruite sur la Place Duomo,modifant ainsi l'ancienne orientation de l'église, qui donnait autrefois sur la via Picherali, se compose de deux ordres rythmés par une balustrade à motifs géométriques. Le portail, flanqué d' élégantes colonnes torses, arbore les symboles du martyr de Sainte Lucie gravés sur le fronteau: une colonne, une épée, une palme et une couronne. L'ordre supérieur, de 25 mètres de haut, est embelli d'ornements baroques sophistiqués et se termine par un faîte. L'intérieur, à une seule nef, est enrichi de riches décorations en stuc réalisées au début du XVIIIe siècle par Biagio Blanco da Licodia, des dorures, des toiles et des fresques du XVllle siècle dont nous citerons notamment la représentation du martyr de la sainte sur la voûte. Les quatre autels baroques, et en particulier le maître-autel, sont somptueusement ornés de l'oeuvre de Deodato Cuinacci, le Martyr de Sainte Lucie, la toile de Ciuseppe xeati le Miracle de Saint François (deux oeuvres signées et respectivement datées de 1579 et 1641) et la précieuse palle d'argent du XVllle siècle. Comme c'était souvent le cas dans les couvents de clôture, la tribune des chanteurs est fermée sur le côté donnant vers l'assemblée par une grille en bois.

La Source Aréthuse et la Promenade Alfeo

De la Place Duomo, en prenant la via Picherali, on arrive sur un des sites les plus célèbres de l'île Ortygie et de Syracuse: la Source Aréthuse. La bassin est couronnée d'une grande terrasse surélevée donnant sur la baie du Grand Port, dont on a ici une vue inoubliable. A la place de ce belvédère s'élevait autrefois le Bastion Aréthuse, une fortification espagnole incorporée aux remparts qui fut démolie vers 1870. D'origine très ancienne (Cicéron en parlait déjà), la source Aréthuse est en quelque sorte le symbole du lien qui unit étroitement Syracuse au monde grec à travers le mythe d'Aréthuse et d'Alphee. Le récit mythologique, dont a notamment parlé le poète latin Ovide, narre qu'Artémis transforma la nymphe Aréthuse en source pour échapper aux amours d'Alphee, qui ne s'avoua pas pour autant vaincu et suivit sa belle nymphe de la Grèce jusqu'à Syracuse, où il prit l'apparence d'un fleuve pour pouvoir s'unir à sa bien-aimée. Autrefois, les eaux de cette source jaillissaient des rochers et étaient séparées de la mer par un petit môle en pierre; l'actuelle forme semi circulaire du bassin, dans lequel vivent des papyrus, des canards et des poissons, n'apparut que vers la moitié du XIXe siècle. En continuant au-delà de la source, en direction du château Maniace, on tombe sur la promenade Alfeo, un des sites les plus pittoresques de la ville, qui longe le périmètre des anciens remparts espagnols, aujourd'hui détruits, d'où l'on embrasse un vaste panorama, de l'extrémité nord du Grand Port à la pointe de l'île dominée par le Château Maniace.

Ortygie

Reliée à la terre ferme par le pont Umbertino, l'île Ortygie est le quartier le plus pittoresque de Syracuse, tant en vertu de sa beauté naturelle que de sa richesse architecturale que les événements historiques ont permis de conserver. Les transformations apportées aux édifices d'époque qui, au XXe siècle surtout, ont en grande partie transformé le visage du vieux Syracuse continental se sont en effet arrêtées au seuil de cette île qui, dès le Vlll-Vlle siècle avant J.-C, a joué un rôle fondamental au sein de la ville. Voilà pourquoi on peut encore y découvrir les vestiges de grandioses temples grecs comme celui d'Apollon et d'Artémis, y retrouver des structures architecturales et urbaines de l'époque médiévale et Renaissance et admirer les fastes de l'art baroque qui a laissé ici des témoignages extraordinaires.

Le Château Maniace

De la source Aréthuse, on arrive au château après avoir emprunté la promenade Alfeo ou la via del Castello Maniace et traversé la Place Federico di Svevia, sur laquelle se dresse la caserne du Quartier militaire (XVIIIe siècle). Cette forteresse, qui doit son nom au capitaine byzantin Giorgio Maniace, fut construite sur ordre de l'empereur souabe Frédéric II entre 1232 et 1240, et revêtit différentes fonctions: demeure royale, prison, caserne; quoique nombreux, les remaniements dont elle fit successivement l'objet au cours des siècles pour répondre aux différentes nécesture. De forme carrée, avec quatre grosses tours de défense cylindriques aux quatre coins donnant accès à la partie supérieure, cet édifice est séparé de la terre ferme par un large fossé. Le côté nord-ouest est troué par le grand portail d'entrée, dont l'élégant :- stile gothique, évident dans l'arc ogival et les marbres colorés raffinés qui l'agrémentent, se marie en parfaite harmonie avec la sévérité de la construction incarnée notamment par la belle fenêtre trilobée qui s'ouvre sur le versant opposé. A l'intérieur, l'amé-" : relent d'origine a été respecté: des travées symétriques entourant une grande cour centrale carrée couverte de voûtes en croix posées sur des colonnes. De grandes cheminées agrémentaient les coins, dont il ne reste des traces que dans l'angle ouest..

Musée régional du Palais Bellomo

De la Place Federico II, on revient sur ses pas pour reprendre la promenade Ortygie jusqu'au niveau de la via Capodieci, où se dresse le palais Bellomo (Xllle siècle) siège, tout comme le palais Parisio voisin, de la Galerie Régionale d'art médiéval et moderne. L'architecture sévère de cet édifice témoigne des deux périodes de sa réalisation: le niveau inférieur, sur lequel s'ouvrent le portail d'entrée ogival et deux fenêtres, date du Xllle siècle, alors que le niveau supérieur, remanié moyennant l'ouverture de fenêtres embellies de décorations en style catalan que l'on retrouve sur l'escalier situé dans la cour bordée d'arcades du Xlle siècle, date lui du XVe siècle. Cette cour donne elle-même accès à la cour du palais Parisio del Cassera voisin, également construit au Xllle siècle. La Galerie Régionale, qui s'est constituée autour des oeuvres orignaires de collections d'art médiéval et moderne du Musée An héologique National, s'est ensuite enrichie de nouvelles pièces, achetées ou données, pour devenir un musée de très grande râleur artistique. Dans le cadre suggestif des salles de ces deux anciens palais, on peut admirer des oeuvres, provenant pour la plupart des églises de Syracuse, de l'époque paléochrétienne .

Parc archéologique et théâtre grec

Réalisé entre 1952 et 1955, le Parc archéologique de la Népalis réunit les principaux monuments grecs et romains de Syracuse. Son ample superficie - environ 240.000 mètres carrés - est subdivisée en deux sections par le viale Paradis: dans la partie sud, la plus petite, se dressent l'amphithéâtre romain et l'autel de Hiéron II; dans l'autre, on peut admirer le théâtre grec, le sanctuaire d'Apollon Teminite, les latomies du Paradis, de S. Venera et de l'Intagliatella et la nécropole des Crotticelli. En créant ce parc, la ville de Syracuse a atteint deux objectifs de taille : réunir dans une même enceinte un grand nombre de monuments autrefois situés à l'intérieur de plusieurs propriétés privées et donc difficilement accessibles, et revaloriser un patrimoine d'une inestimable valeur qui, regroupé sur un seul site, aussi vaste soit-il, peut être présenté et illustré avec une plus grande cohérence histori-

que et artistique. L'ouverture du parc a également permis d'approfondir encore plus les recherches autour des monuments (et notamment du théâtre, de l'autel de Hiéron II, du sanctuaire d'Apollon Temenite et de l'amphithéâtre), mais aussi de réaménager et d'organiser la superficie du parc de façon à l'isoler de la Ville moderne qui l'entoure d'un côté, et à permettre aux visiteurs de suivre un itinéraire bien précis, à la découverte de ces splendides monuments.

Syracuse, berceau de la comédie antique écrite par le poète f picarmo et ville très animée sur le plan culturel, fut dotée, au llle siècle avant J.-C, d'un théâtre que l'on peut encore considérer comme le joyau de l'architecture théâtrale antique. Cet édifice urandiose, dont parle déjà le mimographe Sophron au Ve siècle ,ivant J.-C, en mentionnant même son concepteur, l'architecte Demoskopos, accueillit sûrement, en 476 avant J.-C, la première

représentation des Etnee d'Eschyle dont, selon la tradition, il vit aussi la première de la tragédie Les Perses. De nombreux autres témoignages (dont ceux de Diodore et Plutarque) coïncident sur le rôle fondamental qu'a joué le théâtre dans l'histoire de la ville, sur le plan culturel surtout mais aussi sur le plan politique (c'est au théâtre que se déroulaient les assemblées auxquelles tous les habitants participaient) et religieux (au niveau de la terrasse qui coiffe le sommet du théâtre s'élevait un Mouseion, autrement dit un sanctuaire dédié aux Muses).

Le théâtre, qui se dressait sur un site panoramique d'où l'on pouvait admirer le vaste tronçon de côte situé entre l'île Ortygie et le Plemmiro, fut réalisé en exploitant ingénieusement la,déclivité naturelle du terrain pour ce qui concerne la cavea, presque entièrement creusée dans la roche et jamais tapissée d'un autre matériau à certains points. Après une longue période d'abandon, au XVIe siècle, l'édifice fut pillé par les espagnols qui y volèrent le matériel nécessaire pour fortifier l'île Ortygie; il s'agissait surtout des blocs avec lesquels on avait réalisé toutes les parties du théâtre n'ayant pas été creusées à même la roche, dont seules les dernières ont survécu jusqu'à notre époque (parce qu'elles n'avaient pas pu être enlevées). C'est aussi au XVIe siècle que fut remis en état de marche l'aqueduc qui traversait la cavea du théâtre, où furent ouverts de nombreux moulins qui contribuèrent à endommager la structure. Des recherches et des fouilles, qui se poursuivent encore de nos jours, furent réalisées sur le site dès la fin du XVIIle siècle, époque à laquelle on décida notamment de libérer la cavea de la présence des moulins. Ces recherches ne prirent toutefois une tournure scientifique que plus tard, lors de l'intervention de Paolo Orsi au début du XXe siècle. En grande partie creusé dans la roche et donc en quelque sorte destructible, le théâtre grec nous a légué ce qui était probablement son aspect d'origine avant les différents remaniements et agrandissements perpétrés à l'époque romaine. La monumentale :2.ea - plus de 138 mètres de diamètre et 67 ordres de gradins -était subdivisée en deux parties (ima cavea et summa cavea) par un long promenoir qui s'étendait dans le sens horizontal à mi-hauteur, et en neuf secteurs cunéiformes délimités par huit escaliers qui grimpaient vers le sommet du théâtre, donnant accès aux différents secteurs. Un second couloir horizontal, plus petit, subdivisait en deux autres secteurs la partie inférieure de la cavea, délimitant l'aire plus basse réservée aux personnalités, au centre de laquelle trônait la tribune d'honneur où prenait place ajtorité citadine suprême. Dans la partie supérieure de la cavea summa cavea), une grande partie des gradins, réalisés avec des blocs de pierre, n'ont pas résisté aux pillages perpétrés par les espagnols. Au niveau du dernier ordre de gradins, on avait fait ses trous dans lesquels on enfilait de longs poteaux destinés à supporter les rideaux de couverture. Aux pieds de la cavea s'ouvrait l'orchestre où, autrefois, prenait place le choeur et, derrière lui, la grande scène (une des parties les plus endommagées 5 époque romaine) flanquée de deux colonnes en pierre. La par-:e supérieure du théâtre est couronnée d'une terrasse carrée creusée dans la roche à l'époque de la construction de l'édifice grec. C'est ici que se trouve le Mouseion (voir plus loin), autrement dit le sanctuaire des Muses où siégeait la corporation des acteurs. Sur la paroi rocheuse de cette terrasse, on remarquera ce petites niches qui devaient contenir des ex voto en l'honneur ses Héros. Les vestiges d'une colonne quadrangulaire et de certaines fondations permettent de penser que s'élevait ici un vaste portique formé de deux bras disposés en angle droit.

 

 

 

 

 

 

 

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