


Parmi les nombreuses perles qui enrichissent la péninsule dont elle prend le nom, Sorrente a su gagner une place de choix. Ville d'un peu moins de 18 000 habitants, elle s'étend dans une magnifique position géographique sur une terrasse en tuf qui surplombe la mer avec des falaises rocheuses. La douceur du lieu et du paysage naturel, exaltée par les cultures des agrumes, par la grandeur du panorama ouvert sur le golfe de Naples, sur le Vésuve, sur les Champs Phlégréens et sur les îles du même nom, les extraordinaires transparences maritimes et un ciel exeptionnel-lement limpide et bleu, font de cette ville l'un des sanctuaires du mouvement touristique international. L'excellent équipement des infrastructures hôtelières, la remarquable qualité des services que l'on y offre, les nombreuses propositions sportives culturelles et récréatives en font un objectif particulièrement attrayant et recherché.
Si les origines du nom de la ville se perdent dans le mythe et la légende des sirènes (Surrentum), il est certain que les lieux furent habités dès le néolithique. Fondée probable-
ment par des colons grecs, elle connut les Etrusques, les Syracusains et les Samnites, avant la romanisation qui ne fut toutefois pas bien acceptée par les habitants, lesquels se montrèrent toujours enclins a la rébellion. A l'époque impériale, la ville devint l'un des objectifs préférés des patriciens romains pour y passer leur villégiature. Soumise aux Goths et aux Byzantins, elle réussit à échapper aux tentatives de conquête lombardes mais dut s'opposer fièrement aux Sarrasins et aux Amalfitains. Prise par les Normands dans la première moitié du Xllème s., elle tenta de se soulever avec l'aide de la République de Pise, jusqu'à sa soumission définitive au roi Roger. Durement éprouvée par des querelles internes et avec la localité voisine, elle connut une histoire tourmentée, faite d'assauts et de tentatives de conquête, au moins jusqu'à la constitution de la République Parthénopéenne (fin du XVIIIème s.). La localité, qui fut la ville natale du célèbre poète du XVIème s. Torquato Tasse, acquit la renommée d'une grande station résidentielle dès le XVIIIème s.
Au coeur de la ville, la piazza Tasso constitue l'un des points de rencontre préférés des habitants de Sorrente, et l'un des objectifs des promenades du soir. La place bordée d'arbres est enrichie par deux statues; la plus connue est la statue qui se trouve sur le podium élevé du Monument à Torquato Tasse, le poète né à Sorrente le 11 mars 1544 et mort à Rome le 25 avril 1595, célèbre pour avoir écrit le drame pastoral Aminte et le poème héroïque La Jérusalem Libérée. La sculpture fut achevée par G. Carli en 1870. L'autre statue, exécutée par Tommaso Solari en 1879, représente St. Antonin Abbé: le saint protecteur de Sorrente - qui trouva refuge dans cette ville de Campanie à l'époque de la venue des Lombards - est représenté dans l'action de bénir.
L'Eglise S. Maria del Carmine donne sur la place, au début du corso Italia. A l'intérieur, on admire un précieux tabernacle qui date de le deuxième moitié du XVIIIème s. et une peinture allégorique sur le plafond, avec le thème du Carmel, exécutée dans la première moitié du XVIIIème s. par Onofrio Avellino.
ÉGLISE ET CLOÎTRE S. FRANCESCO
L'église, du XVIIIème s., consacrée au saint d'Assise, se dresse aux alentours de la Villa Communale, jardin verdoyant et panoramique ombragé par des palmiers. La façade à deux ordres, est coupée verticalement par un grand nombre de pilastres. L'ordre supérieur est ouvert par un grand oeil, tandis que le tympan curviligne placé sur le couronnement est dominé au centre par une statue. L'élément de plus grande importance artistique est représenté par un portail en bois sculpté, exécuté par un artiste du XVIème s.
A côté de l'église se trouve un couvent dont l'élément le plus remarquable est constitué par un petit Cloître. Très précieux d'un point de vue stylistique, il encadre la vue du campanile, qui domine avec sa caractéristique pointe et qui est en partie construite avec des murs de l'époque romaine. Deux des côtés du cloître sont scandés par des pilastres octogonaux qui se terminent par des chapiteaux qui soutiennent les arcs en plein cintre. Les deux autres côtés sont les parties les plus suggestives dans l'entrelac des éléments architecturaux ogivaux, des petites colonnes et des lunettes. Cette partie du portique, du XlVème s., révèle une matrice de pure empreinte arabe.
DÔME
La cathédrale de Sorrente fut construite au Xlème s. mais fut complètement restructurée au XVème s. dans un style s'inspiram de la Renaissance. L'édifice, dont la façade moderne copie le style gothique, est accompagné d'un curieux campanile à trois étages, surmonté d'une cellule qui devait accueillir à l'origine les cloches. Le campanile est enrichi d'une horloge avec un beau cadran polychrome, tandis que les éléments architecturaux qui constituent la base remontent à l'époque romaine. L'intérieur, à croix latine, met en évidence la triple division de la nef, obtenue grâce à de robustes pilastres qui soutiennent des arcs en plein cintre. Parmi les nombreuses oeuvres d'art qui enrichissent encore un intérieur orné de décors en marbre (certains remontent à l'époque romane et médiévale), nous rappellerons les peintures sur le plafond de la nef centrale exécutées par Malinconico (Martyrs de Sorrente, Quatre Evéques protecteurs); les peintures de Giacomo del Po, visibles sur les murs du transept (Assomption, St. Philippe, St. Jacques); un précieux devant d'autel en marbre du XVIème s.; la chaire en marbre et le trône de l'archevêque, tous deux du XVIème s.
ASPECTS DU CENTRE HISTORIQUE
L'empreinte la plus typique, authentique et pure de Sor-rente saute aux yeux du touriste qui parcourt le dédale des petites ruelles du centre citadin. Les ruelles étroites pavées de pierres sont bordées par les typiques palais pourvus de terrasses et de balcons. A certains endroits émergent des aspects de pure empreinte médiévale, mis en évidence par les typiques constructions anciennes reliées entre elles par des arcs en brique et en pierre. Des boutiques caractéristiques donnent sur ces rues, et des artisans patients vous montreront le fruit de leur travail, en vous invitant à conclure une «bonne affaire». Ailleurs, le génie remarquable -et la fantaisie de ces Méditerranéens a installé et improvisé des éventaires où des articles de tout genre, vêtements, artisanat et immanquables «souvenirs», sont vendus aux touristes amusés et curieux.




























