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Ville aux dimensions assez grandes, elle donne sur la partie centrale du golfe du même nom, délimitée par le cap Misène et l'île de Nisida, dans un cadre de grande suggestion. Station thermale et balnéaire fréquentée, très active dans le secteur industriel et dans le secteur commercial, c'est le principal port d'embarcation pour les îles phlégréennes et un centre de grand intérêt archéologique, artistique et géologique. Son emplacement dans la région des Champs Phlégréens, dans une zone volcanique encore très active, conditionne son territoire qui est marqué par un mouvement bradysismique séculaire et par de continuelles secousses de nature tellurique.

Ancienne colonie de Samos dans la deuxième moitié du Vlème s. av. J.-C, elle fut d'abord connue sous le nom de Dikaiarchia et s'allia très vite avec Cumes, contre les Étrusques et les Samnites qui la conquirent dans la deuxième moitié du Vème s. av. J.-C. Romanisée et connue sous le nom de Puteoli à partir du Ilème s. av. J.-C, elle fut une grande escale portuaire, et devint la principale base stratégique de la flotte romaine dans la mer Méditerranée

Jusqu’à la fondation du Port d'Ostie (1er s. apr. J.-C). Malgré le déclin qui suivit ce dernier événement, elle fut très bien appréciée par les empereurs romains, et en particulier par Domitien, qui la relia à la capitale par une route qui prit son nom. Visitée par St. Paul qui en parla dans ses «Actes des Apôtres», elle dut subir plusieurs incursions barbares, après la chute de l'empire romain (Vème - Vlème s. apr. J.-C). Les invasions barbares et les mouvements du sol, suite aux secousses bradysismiques, déterminèrent l'exode de la population à Naples et dans des lieux considérés plus sûrs. L'inexorable submersion des infrastructures portuaires d'origine provoquèrent la transformation de la localité en un centre de pêche, et privilégia les activités liées au thermalisme naturel des lieux. A une époque plus récente, l'accentuation du bradysisme et des mouvements géologiques sont à l'origine de l'évacuation de certains quartiers du centre historique, et démontrent de manière alarmante la réelle précarité des sites de la zone phlégréenne.

TEMPLE DE SERAPIS

Situé dans la partie inférieure du centre habité où l'on a également découvert les vestiges d'un môle de l'époque d'Auguste, connu également sous le nom de Serapeo, c'est certainement l'un des témoignages monumentaux les plus importants de l'époque romaine. Malgré son nom, qui dérive de le découverte d'une statue dédiée à Sérapis, une ancienne divinité égyptienne, objet de vénération à l'époque grecque et romaine, les imposants vestiges que nous admirons aujourd'hui sont les restes d'un marché public aux grandes dimensions. Le Macellum, destiné à l'origine à la vente des denrées alimentaires, et plus particulièrement de la viande et du poisson, occupait une surface carrée entourée de portiques, sur lesquels s'ouvraient les boutiques, accessibles même de l'extérieur. Sur le côté opposé de l'entrée principale s'ouvrait une cellule absidale, à l'intérieur de laquelle se trouvaient quelques niches peuplées de statues. La partie centrale de la cour était occupée par un édifice circulaire avec une fontaine centrale ornée de statues. Une série de 16 colonnes en marbre d'Afrique, se terminant par des chapiteaux corinthiens, soutenait la trabéation sur laquelle s'appuyait une coupo-

le. L'ensemble de ces constructions datait de l'époque des Flaviens, mais des travaux de restauration, de conservation et de restructuration durent être faits après les tremblements de terre qui se produisirent au 1er s. apr. J.-C. et à une époque plus tardive (Ilème - Illème s. apr. J.-C). De nos jours, l'intérêt du Temple de Sérapis, en plus de son exceptionnelle valeur documentaire sur le plan architectural et archéologique, est inscrit dans certains détails qui nous permettent de «lire» les mouvements du séculaire bradysisme de Pouzzoles. Les suggestives ruines sont partiellement ensevelies sous les eaux de la mer et les eaux thermo-minérales qui y ont conflué après l'abaissement du sol. Sur les colonnes qui s'élèvent du podium circulaire et sur les trois grandes colonnes encore debout, quatre à l'origine, qui faisaient face autrefois à la cellule absidale ouverte sur le portique, on observe des trous produits par des lithodomus lithofagus - une espèce de mollusques qui rongent les pierres sur lesquelles ils se déposent - qui nous permettent d'apprécier les affaissements et soulèvements progressifs du niveau des eaux dus au bradysisme.

AMPHITHÉÂTRE FLAVIUS

Dans la partie supérieure du centre habité, dans une zone qui a fourni les vestiges d'autres ouvrages romains, comme rAmphithéâtre Mineur (restes en opus ìncertum d'un édifice construit sous Auguste) et la Piscine Cardilo (un ensemble de citernes communicantes), on trouve les nombreux vestiges de l'Amphithéâtre Flavius. Sa construction fut terminée par l'empereur Vespasien, dans la deuxième moitié du 1er s. apr. J.-C. et est donc postérieure, d'un point de vue chronologique, à celle de l'Amphithéâtre Mi- -. neur. L'amphithéâtre Flavius est le troisième amphithéâtre par ordre de grandeur en Italie, après celui de Rome (Colisée) et celui de Santa Maria Capua Vetere. Ce très grand témoignage de l'habileté des constructeurs romains doit son excellent état de conservation, particulièrement celui des passages souterrains, à une énorme quantité de dépôt et de scories volcaniques qui se sont déposés au cours des siècles à cause des éruptions de la voisine solfatare. Les premières recherches de nature archéologique, avec les premières fouilles, furent entreprises dans la deuxième moitié du siècle dernier, mais c'est seulement dans la deuxième moitié des années Quarante qu'il a été possible de rendre à l'édifice sa puissance d'origine que l'énorme accumulation de dépôts avait caché pendant des siècles.

A l'extérieur, l'amphithéâtre avait à l'origine un triple ordre d'arcades, couronnées par un attique. A l'intérieur s'ouvre l'ellipse de l'arène qui mesure 75 m x 42 m; cette dernière est coupée transversalement par un corridor couvert de grilles, comme les nombreuses trappes qui s'ouvraient au niveau de l'arène et qui avaient une fonction précise dans la mise en scène des représentations. Les gradins qui constituaient la cavea, se disposaient à l'origine sur trois ordres, dont deux seulement sont parvenus jusqu'à nous, mais ils se sont bien conservés dans l'ensemble. La capacité de l'amphithéâtre devait être de 40 000 personnes; une série d'escaliers permettaient l'accès aux différents secteurs des gradins, qui étaient physiquement divisés par une succession de claveaux encore visibles. Une grande partie des vomitoires, qui aujourd'hui encore s'ouvrent sur les gradins, réglaient l'accès des spectateurs. Mais l'élément de plus grand intérêt architectural, grâce auquel il est aussi possible de reconstruire les jeux et les spectacles qui se déroulaient dans l'amphithéâtre, est sans aucun doute constitué par les Souterrains. Les souterrains sont formés par un corridor creusé sous la ligne de l'ellipse, qui copiait son tracé, et par deux corridors qui se croi-

sent orthogonalement. Ces substructions, réalisées principalement en briques, furent achevées entre le 1er et le Ilème s. ap. J.-C. et nous sont parvenues dans un excellent état de conservation, si bien qu'elles constituent une excellente documentation sur l'organisation des spectacles du cirque et principalement sur l'organisation des combats que les gladiateurs devaient mener contre les féroces fauves.

Aujourd'hui, nous savons avec certitude que les nombreuses trappes carrées ouvertes au niveau de la scène servaient à élever, au moyen d'une mécanisme complexe de poulies et de cordes, les cages avec les bêtes que l'on libérait ensuite. Les ouvertures servaient également à l'aération des souterrains, et à transporter au niveau de l'arène les matériaux qui servaient pour les représentations et les jeux. Il a été en outre certifié que l'eau de l'aqueduc de la Campanie était prélevée au moyen d'un mécanisme hydraulique pour inonder l'arène et permettre ainsi la représentation des batailles navales (Naumachies). Dans la deuxième moitié du XVIIème s., avec la restructuration de l'un des secteurs des souterrains, on a pourvu à dégager la Chapelle S. Gennaro, (St Janvier) en hommage à une tradition enracinée d'après laquelle le futur protecteur de Naples aurait été inutilement livré, avec certains de ses élèves, à la furie des fauves qui l'épargnèrent.

SOLFATARE

Un peu en dehors du centre habité, un embranchement de la via Domiziano conduit à la Solfatare, qui est l'une des expressions les plus tangibles du volcanisme secondaire dans la zone des Champs Phlégréens. Connue autrefois par les Romains sous le nom de Forum Vulcani, c'est le vaste cratère d'un ancien volcan qui est entré actuellement dans une phase de repos. Cette phase, connue également sous le nom «de Solfatare» qui provient de l'apparat volcanique situé près de Pouzzoles, est une manifestation typique de l'activité post-volcanique, et les seules expressions du volcan à demi-éteint se traduisent par l'émanation de gaz sulfureux qui, par condensation, donnent lieu à des dépôts de soufre.

La visite à la Solfatare, conseillée exclusivement si l'on est accompagné d'un guide expérimenté, est une expérience assez suggestive et intéressante. Le paysage, désolé et désertique, semble presque irréel et n'est ravivé que par les

émanations de vapeur aux températures élevées (autour de 100°C), par les jets de boue chaude connus sous le nom de petits volcans de boue, par les sources d'anhydride carbonique (moufettes) et par les sources d'eau minérale. La dernière éruption volcanique de la Solfatare se produisit au Xllème s. Le vaste cratère est caractérisé par une forme elliptique, tandis que les parois sont constituées de roches tufières et trachytiques. Les seuls édifices en maçonnerie que l'on peut observer à l'intérieur de la Solfatare appartiennent à un ancien Observatoire, situé près de la Bocca Grande (grande bouche), et aux Fourneaux (Stufe), à l'intérieur desquels s'échappent des émanations de fumerolles dont la température atteint presque 100°C. Parmi les phénomènes les plus caractéristiques qui se produisent à l'intérieur de la Solfatare, on peut observer la condensation de la vapeur d'eau qui assume l'aspect d'un petit nuage en présence d'une flamme laissée libre.

 

 

 

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