

Entièrement reconstruite après le terrible tremblement de terre de 1693 par trois générations de maîtres d'œuvre - parmi lesquels figurent Rosario Gagliardi et son élève Vincenzo Sinatra -, Noto est un véritable joyau d'architecture baroque du XVIIIe siècle. Un "jardin de pierre", comme on l'a appelée, qui se distingue par l'uniformité de son style et des matériaux utilisés au cours des longues décennies de la reconstruction.
La cité primitive, Noto Antica, semble avoir été construite sur un établissement sicule (IXe siècle avant J.-C. environ) - à l'abri des incursions grecques - sur les hauteurs de l'Alveria dans les Monts Iblei, un haut plateau enserré de profonds ravins habité dès l'époque
préhistorique. Anéantie par le séisme de 1693, elle a été reconstruite plus loin, sur le Meti. Parmi les vestiges grecs, rappelons les remparts hellénistiques, les ruines du Cymnasium et des lieux de culte des morts héroïsés (heroa). De l'antique Netum romaine, il ne demeure que très peu de traces. Il faut attendre l'époque arabe pour entendre parler de la construction d'une citadelle imprenable et d'une période de reprise économique durant laquelle Noto fut le chef-lieu de la Val di Noto qui, avec la Val di Mazara et la Val Demone, était une des trois grandes vallées du découpage administratif de l'île imposé par les Arabes. C'est à une période postérieure qu'appartiennent le château (XVe siècle) et d'autres éléments fortifiés. La ville resta florissante du point de vue économique et culturel pendant longtemps au point de mériter le titre d'Urbs ingeniosa qui lui fut donné par Ferdinand le Catholique en 1503. Noto a été rebâtie à 15 km de son ancien emplacement, plus près de la mer et jouit d'une large vue sur la côte ionienne. Le cœur de la ville est le Corso Vittorio Emanuele sur lequel donnent les principaux édifices et les façades au style imposant mais souple des églises. D'est en ouest, on trouve la piazza XXX Ottobre où l'on peut admirer, en haut d'un grand escalier, l'église San Francesco all'lmmacolata, due à Vincenzo Sinatra, et, à côté, le Convento del SS. Salvatore; deux monuments qui forment un ensemble spectaculaire.. Le couvent, auquel appartient la belle Tour du Belvédère avec son clocher élancé, est remarquable pour l'élégance de sa façade du XVMIe siècle rythmée par deux ordres de lésènes et par treize fenêtres aux balcons bombés en fer forgé. Le Museo Civico, attenant au couvent, réunit des pièces découvertes à Noto Antica dont de nombreux éléments provenant d'un sanctuaire consacré à Déméter, déesse de la fertilité vénérée dans les anciennes cités rupestres. Sur la grande Piazza del Municipio se dresse la Cathédrale. Terminée en 1 770, elle fut sans doute bâtie d'après des plans de Rosario Gagliardi et possède une grande façade remarquable pour ses éléments classique: flanquée de deux clochers, elle domine la place au haut d'un escalier spectaculaire à trois rampes. Près de la cathédrale se ; tiennent le Palazzo Vescovile (Evêché) et le Palazzo , Landolina. Sur le côté du Corso s'élève la célèbre Salita Nicolaci, des escaliers dont les marches sont recouvertes chaque année d'un tapis de fleurs pour la grande I "Infiorata" de mai; ils culminent sur la façade incurvée de l'église de Montevergine qui donne sur la Via Cavour. En face de la cathédrale, le Palazzo Ducezio (Mairiei aux formes classiques est dû lui aussi à Vincenzo Sina-tra. En continuant vers l'ouest, on trouve l'église San Carlo et, donnant sur le Corso, l'église qui est considérée comme un chef-d'œuvre du baroque: San Dom-nico, par Rosario Gagliardi, dont la façade convexe est rythmée par deux ordres de colonnes. Parmi les nombreux palais de Noto, signalons le Palazzo Nicolaci Villaaorata, sur la Salita Nicolaci, qui est l'exemple parfait des résidences nobiliaires siciliennes et sans doute le plus spectaculaire de la ville avec ses balcons exubérants en fer forgé aux consoles sculptées de figures zoomorphes et anthropomorphes. Le long des pentes au sud-est de la colline s'ouvrent deux carrières de pierres. La Latomie de l'Intagliatella est célèbre pour ses niches où sont disposées de petites plaques votives et un relief gravé dans la roche représentant des scènes sacrificielles et un banquet. Près de la Latomie de l'Intaghata on a retrouvé des hypogées et des catacombes de la période chrétienne et des habitations troglodytiques qui datent de l'époque byzantine. Les Temples Ferali sont en réalité des latomies ayant des aspects analogues aux précédentes latomies.
Le long des pentes orientales de l'Acremonte, se trouvent les Santoni, bizarres sculptures rupestres (llle siècle avant J.-C.) disposées le long d'une paroi rocheuse et pouvant se rapporter au culte de Cybèle.













