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Senatus PopulusQue Romanus

La Voie Appienne quitte Rome par la porte San Sebastiano vers le sud de l'Italie. Entre le tombeau de Cæcilia Metella et la via di Tor Carbone elle offre une agréable promenade. Les inhumations étant interdites dans la cité les riches romains y élevaient tombeaux et mausolées dont on peut voir les vestiges. C'est aussi le long de cette voie que furent crucifiés les milliers d'esclaves qui avaient suivi Spartacus.

Le censeur Appio Claudio Cieco, qui avait déjà fourni à Rome son premier aqueduc, en 312 avant J.C, fut à l’origine également de la Via Appia, qui devait unir politiquement et administrativement Rome et Capoue, alors capitale de la Campanie.
Au départ cette via rejoignait Capoue en passant par la zone côtière, mais plus tard elle fut prolongée jusqu’à Taranto et Brindisi.
Le grand poète Horace a laissé une description célèbre d’un voyage sur la Via appia, qui permettait de rejoindre Capoue en 5 jours et Brindisi le port pour l’orient en 13 ou 14 jours.
La via était assez large pour permettre à deux véhicules de se croiser sans danger. Tous les 10 milles le voyageur pouvait changer de cheval et se restaurer. Encore aujourd’hui le pavement d’époque apparaît sur quelques centaines de mètres à la lumière du soleil.
La partie la mieux conservées est très certainement celle qui se trouve en dehors des murs de Rome, où l’on a construit les premières tombes, dont les plus célèbres sont celles de Scipion, des Servilli et des Metelli (dont parlait Ciceron).
Puis de la fin du IIème siècle jusqu’à J.C on vit croître de nombreux monuments funéraires isolés, qui sont encore visibles aujourd’hui et lui donnent cet aspect un peu irréel.
Vinrent ensuite les chrétiens qui maintinrent  la tradition et ouvrirent les premières catacombes.
Durant la république la crémation était le mode le plus répandu, car les urnes prenaient très peu de place, et l’on vit l’édification de nombreux Colombari, bâtiments qui pouvaient contenir des milliers d’urnes funéraires.
Sous l’empire par contre la mode étant à l’inhumation, spécialement sous le christianisme le besoin de place se fit sentir, et les catacombes s’étendirent. Au IVème siècle après J.C celles ci devinrent pratiquement exclusivement chrétiennes.

 

L'Appia Antica reliait Rome, capitale de l'Empire, à Brindisi, le plus important port pour le commerce avec la Grèce et l'Orient. Ce fut probablement la plus célèbre route romaine dont on conserve des restes. Stazio, poète latin, l'appela "regina viarum", la voie royale, pour la splendeur des monuments sépulcraux, ses villas somptueuses, et pour la suggestive beauté du parcours.

Les travaux de sa construction commençérent en 312 av JC, pendant les guerres sannites par le consul Appio Claudio afin de relier Rome avec les provinces méridionales de la péninsule, la rapprocher de l'Afrique et de l'Orient.
Il fit reconstruire et agrandir une route préexistante reliant Rome aux collines d'Albano.  Cette route partait de Rome dans la vallée qui sépare le Celio de l'Aventin, où s'ouvrait à l' époque la porte Capena, aujourd'hui disparue.

Elle devient rapidement une voie sacré, consacrée au culte des défunts, traversée lors des fêtes latines par des masses de peuple allant au temple de Jupiter sur le sommet du mont Cavo, ou au temple de Diane, sur les rivages du lac de Nemi.

L'Appia était rectiligne de la Porte Capena, près des Thermes de Caracalla, jusqu’aux cols des monts Albani à Ariccia. Après le forum d'Appio, elle descendait jusqu’à Terracina et se poursuivait via Fondi, Itri, Formia, Minturno, Mondragone jusqu'à Capoue.

Ensuite, la route fut encore agrandie (190 av-JC) jusqu'à Benevento (Bénévent) et Venosa, ville fondée à cette époque et peuplée de 20.000 paysans romains. Plus tard, elle fut prolongée jusqu'à Tarente et Brindisi.
Au cour des premières années du IIème siècle après JC, l'empereur Trajan ajouta la nouvelle via Appia Traiana qui relia plus directement Benevento avec Canosa (Canusium) et Bari (Barium), rapprochant Rome de Brindisi en 13/14 jours le long d’un parcours de 540 km.

L’Appia avait une largeur standard d’environ de 4.15 mètres, suffisant pour permettre le passage de deux chariots dans les deux sens. Deux trottoirs en terre battue délimités d'un couloir de pierre flanquaient la chaussée. Tous les 10/13 km dans les portions les plus fréquentées s'alignaient le long de la route les gares de poste pour le changement des chevaux et les « taberne », lieux de restauration et de repos pour les voyageurs.
La construction demanda d’immenses travaux, pour traverser d’importants obstacles naturels avec un plan de conception étonnement moderne, solide, rationnel, permettant un parcours aisé. Des ponts robustes furent jetés au travers des fleuves, il fallu combler des vallées, aplanir des hauteurs, creuser des canaux, élever des jetées pour contenir les eaux des torrents. Elle fut pavée de blocs basaltiques solides. La chute de l'empire d'Occident et les invasions barbares marquèrent son abandon.

Les monuments ne furent pas pillés de leurs oeuvres d'art et de leurs revêtements, la route se couvrit d’herbes sauvages qui la masquèrent au regard.
C’est seulement vers la moitié du XVIIIème, que l’on commença à déterrer les oeuvres tombées et à en ramasser les fragments.

Les premiers cimetières chrétiens furent établis sur l'Appia à la fin du 1er siècle de notre ère : le long de cette route on creusa les plus importantes nécropoles souterraines, les Catacombes de San Callisto, qui remontent au IIème siècle, et celles de San Sebastiano, qui gardèrent quelque temps les corps des deux Apôtres fondateurs de l'Église Romaine.
L'histoire a vérifié que l'Apôtre entra dans la ville en parcourant l'Appia.

La portion la plus intéressante de l'Appia va de la tombe de Cecilia Metella au Casal Rondo, sur environ 4,5 km : les mausolées, revêtus de marbres, ornés de statues des morts, s'alignent sur le côté entre des pins gigantesques et des cyprès. Sur un côté on découvre les imposantes arches de l'aqueduc romain, à l'horizon se dessine le profil des Châteaux et vers la mer s’étend la plaine, dans une vision intemporelle qui a fasciné beaucoup de grands poètes.

Une nouvelle Appia fut construite de Rome à Brindisi presque parallèlement à l'originale en 1784.
Etant donné son intérêt historique et les restes archéologiques présents sur son parcour, de nombreuses fois fut demandée la création d'une aire protégée, qui fut obtenue finalement grace au combat d'Antonio Cederna.

Aujourd'hui, on peut visiter le Parc Régional de l'Appia Antica, créé le 10 novembre 1988, avec une surface d'environ 3.500 hectares qui s'étend sur les communes  de Rome, de Ciampino et de Marino.

 

 

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