








Les villes romaines sont de grandes consommatrices d’eau:
- Les fontaines coulent jour et nuit.
- Chaque ville a plusieurs établissements de bains et de latrines publiques.
- L’approvisionnement par sources locales ou recueil d’eau de pluie est insuffisant.
- Il faut aller chercher l’eau dans les environs , ce qui explique la construction d’aqueducs.
Ce mot est formé de deux mots: aqua et ductus, qui signifient conduite d’eau.
Ces constructions n’existent que pour les villes. En campagne, on se contente de puits, des sources, des citernes.
Rome est une ville d'eau, elle compte pas moins de 2000 fontaines !
Les plus populaires sont ces fontaines quelconque que l'on trouve de partout en ville dans les rues et les parcs. Son nom ? Le « nasone » ou gros nez. Vous pourrez y boire une eau potable, fraiche et au goût tout à fait agréable.
L'eau est à Rome une histoire ancienne. La civilisation romaine a très vite associé l'eau à la santé et au bien-être. Chaque citoyen pouvait jouir des plus belles installations thermales de la ville comme les thermes de Caracalla par exemple. Les thermes romains constituaient un lien social très important ainsi qu'un moyen très démocratique d'accès au savoir. Les thermes disposaient en effet de bibliothèque où chacun avait accès.
Le réseau d'aqueducs construit par les Romains a été maintenu à flot malgré les nombreuses destructions qu'il subit lors d'invasions et de saccages. Au cours de son histoire, les meilleurs artistes furent à l'ouvrage pour garantir à Rome un spectacle d'eau et une mélodie sans pareille. Aujourd'hui la ville résonne encore malgré le bruit des scooters de ce murmure constant.
La fontaine de Trevi est la fontaine romaine la plus célèbre. Chaque visiteur de la ville éternel pressé d'y revenir y glisse une pièce. La coutume veut que ce soit des amoureux se donnant la main et dos à la fontaine, jettent une pièce au dessus de leurs épaules. La fontaine de Trévi est un véritable spectacle à ce niveau. Chaque touriste et ils sont très nombreux prend en photo le moment magique. Et puis la fontaine s'est inscrit dans le coeur de millions de cinéphiles. Ici fut tourné par Fellini la célèbre scène de la Dolce vittà. Marcello Mastroianni et Anita Ekberg. Inoubliable.
Rome ville d'eau. Le réseau d'aqueducs, merveille de l'Antiquité, a été suivi par les fontaines de la Renaissance et de la période baroque. La noblesse romaine et la papauté embauchaient à tour de bras les meilleurs artistes et récupéraient des obélisques pour se payer des spectacles d'eau sans égal. Le poète Shelley, Romain d'adoption, disait que « les fontaines suffisent pour justifier un voyage à Rome ». La ville éternelle déborde feux d'artifice tous en eau, en marbre ou en métal. |
Elle n'est pas la plus belle, mais c'est la fontaine la plus populaire : le « nasone » (gros nez). Rome est probablement la seule ville en Europe à compter tant de fontaines publiques ! Elles sont près de 2000. Les Romains, n'en doutez pas, sont très attachés à ces cylindres en guise. |
Encore une ouvre du Bernin. Sur piazza Navona la fontaine des Quatre Fleuves (Gange, Nil, Danube et Rio de la Plata). Son bassin est peuplé par des serpents de mer et d'autres animaux fantastiques... |
Pas d'animaux imaginaires ici, mais des tortues ! Un petit joyau en plein quartier juif construit en 1584 par Giacomo della Porta. La légende veut que les tortues auraient été ajoutées par Bernin. |
C'est une fontaine raz le sol. La Barcaccia («le vilain bateau ») est l'oeuvre de Bernin... père. On dit que l'artiste a voulu reproduire une épave retrouvée ici après une inondation du Tibre. En réalité, il avait un simple problème technique à résoudre : l'eau manquait de pression... |
Certaines fontaines sont cachées comme celle-ci, à Trastevere. Sur la rue qui mène au jardin des plantes, cette petite fontaine a un sarcophage pour bassin. |
Evidemment, il y a aussi deux très belles fontaines jumelles sur place Saint Pierre... |
...et dans les jardins secrets du Pape les surprises ne manquent pas, comme cette fontaine bateau. |
Ancien et moderne. Devant la bouche de la vérité une fontaine du XVIIIe côtoie le temple de Vesta. |
Enfin, même en direction de la mer, les boulevards à l'américaine du quartier EUR ont leurs jeux d'eau. |
Les Fontaines de Rome. - Dès l'Antiquité Rome était ornée de fontaines; néanmoins, on n'en a de témoignage que par les ruines du château-d'eau de la Julia, aujourd'hui dispersées, mais qui existaient encore au XVIIe siècle. la Rome moderne se distingue par de nombreuses belles fontaines monumentales, mentionnons-en trois, qui sont la fontaine Pauline, celle de Trevi et celle de Moïse :
La Fontaine Pauline (Fontana Paola) se compose d'une façade longue de 33,50 m, percée de 3 grandes acades au centre et de 2 petites un peu en arrière-corps. Devant les pieds-droits, 6 colonnes toriques de granit portent un entablement surmonté d'un attique, avec les armes de Paul V, qui fit ériger cette fontaine par Fontana et Carlo Maderno. L'eau s'élance à torrents par les arcades du centre, et par gros jets du bec d'un aigle colossal dans les petites arcades. Elle tombe avec un grand fracas dans un bassin quadrangulaire. Son produit total est de 94000 mètres cubes, au moins, en 24 heures.
La Fontaine de Trévi (Fontana di Trevi), rendue célèbre par une scène du film la Dolce Vita, de Fellini, représente la façade d'un palais, large de 51 m, reposant sur un rocher, et ornée, au centre, de 4 colonnes corinthiennes portant des statues, et sur les côtés de 6 pilastres de même ordre. Au milieu du palais s'arrondit une grande niche, dont 4 colonnes ioniques portent la voûte hémisphérique, et qui figurent le palais de Neptune. La statue colossale de ce dieu est là, debout dans une conque marine, qui est son char, attelé de 2 chevaux marins conduits chacun par un triton. Une abondante nappe d'eau descend par étages de dessous la conque dans un vaste bassin demi-circulaire, et coule aussi de toutes parts sur les rochers. Nicolas Salvi fut l'architecte de cette fontaine, érigée par Clément XII et Benoît XIV et inaugurée en 1776. La masse d'eau qu'elle verse est évaluée à 65,780 mètres cubes. en 24 heures.
La Fontaine de Moïse (Fontana del Mosè) est un portique à 3 arcades, avec colonnes ioniques, en marbre, sur leurs pieds-droits. Un attique élevé porte les armes du Pape, qui fit faire cette fontaine par Giovanni et Domenico Fontana (1572). Dans l'arcade du centre est une statue de Moïse, frappant de sa verge une roche sur laquelle il est debout, et d'où l'eau s'échappe en grosse nappe, ainsi que des deux arcades latérales. Elle tombe dans un bassin quadrangulaire, où 4 lions de marbre jettent également de l'eau. Le débit de cette fontaine est de 20,530 mètres cubes en 24 heures.
De la fontaine de Trevi à la place Navona, cette visite guidée est une promenade à travers les célèbres places et fontaines de la Rome Baroque en passant par le quartier de la Haute Couture et commerçant de Rome. Ce quartier correspond à l'ancien "Champs de Mars".
Dans les rues animées de la Rome Baroque, on voit la Fontaine de Trevi un hommage au dieu Neptune (oeuvre géniale de l'architecte Nicola Salvi), on continue par la Place d'Espagne (avec le plus beau escalier d'Europe réalisé par l'architecte Francesco de Sanctis et la fontaine de la "Barcaccia" (Bernin) on parcourt la via Condotti (rue de la Haute Couture et du célèbre Café Greco le plus ancien de Rome), on traverse la Place Colonna (palais Chigi, colonne de Marc Aurèle) on longe Montecitorio (le Parlement et l'obélisque), on visite l'église de saint Ignace |
(superbe plafond baroque peint par Andrea Pozzo). On termine la visite de Rome baroque par la place Navona (la fontaine des Quatre Fleuves du Bernin, et l'église de Sainte Agnès de l'architecte baroque Francesco Borromini).
La visite comprend : la place d'Espagne, la fontaine de Trevi, la via Condotti, l'église de Saint Ignace, Montecitorio, place Colonne, piazza di Pietra, la place Navona, l'église de sainte Agnes. La visite de la Rome baroque est possible tous les jours, aucune entrée est prévue
L'EUR - une autre Rome


Fontana Piazza Barberini Fontana del Tritone.
Gian Lorenzo Bernini 1643



Gian Lorenzo Bernini, dit Le Bernin ou Cavaliere Bernini (Naples, 1598 – Rome, 1680), sculpteur, architecte et peintre Italien. Il fut surnommé le second Michel-Ange.
Son art, typiquement baroque, est caractérisé par la recherche du mouvement, la torsion des formes, le spectaculaire et les effets d'illusion.Il se concilia par son talent précoce la faveur du pape Paul V. Favori des papes, il devient l'architecte de Saint-Pierre. Il fut employé sans interruption par les pontifes : Grégoire XV le créa chevalier ; Urbain VIII le combla de richesses. On lui doit le baldaquin aux colonnes torses du maître-autel et le dessin de la majestueuse colonnade et des statues qui encerclent la place devant la basilique Saint-Pierre. Ses fontaines monumentales, notamment celle des Quatre Fleuves, place Navone, offrant à la vue de tous le déchaînement des forces vives du baroque, exerceront une grande influence sur l'urbanisme romain et sur l'organisation des places publiques dans les autres capitales européennes. Charles Ier d'Angleterre fit faire sa statue par lui.
Gian Lorenzo naît, à Naples, le 7 décembre 1598 d'Angelica Galante et de Pietro Bernini, sculpteur maniériste d'origine florentine. Le couple se rend à Rome en 1605 où Pietro travaille pour le compte du cardinal Scipion Borghèse ce qui est l'occasion de faire montre du talent précoce du fils qui travaille auprès de son père.
Pietro Bernini travaille sur les chantiers de Paul V Borghèse, achevant en particulier ce qui est reconnu comme son chef-d'œuvre, l’Assomption de la Vierge du baptistère de Sainte-Marie-Majeure et la chapelle Pauline destinée à accueillir la tombe de Paul V et Clément VII pour laquelle Pietro Bernini réalise un couronnement de Clément VII (1611). Le jeune Gian Lorenzo bénéficie très jeune de l'expérience de son père, en particulier en ce qui concerne l'organisation du travail collectif sur un chantier et la fusion des œuvres architectoniques, picturales, sculpturales dans un ensemble de marbres polychromes.
La Rome des débuts du XVIIe siècle est une ville qui vit un renouveau artistique phénoménal avec en particulier l'introduction de la révolution naturaliste en peinture introduite par Le Caravage et l'influence baroque initiée dans les Flandres par Rubens, et où le talent ne demande qu'à être reconnu.
Sous le patronage du cardinal Scipion Borghèse, alors membre de la famille papale régnante, le jeune Bernini commence à être reconnu comme sculpteur de talent. Ses premières œuvres sont des pièces décoratives destinées à orner le jardin de la villa Borghèse, Priape et Flore (1615 - 1616) (aujourd'hui au Metropolitan Museum of Art). Un groupe décoratif des Quatre Saisons commandé par Leone Strozzi pour le jardin de sa villa romaine dont les traits sensuels et réalistes des festons de fruits dénotent l'influence des œuvres caravagiennes présentes dans la collection du cardinal et auxquelles Le Bernin n'a pas pu échapper.
Dans sa première phase stylistique, on dénote une influence nette de la sculpture hellénistique dans des œuvres qui imitent à la perfection le style antique comme le révèlent le Saint-Sébastien de la collection Thyssen Bornemisza à Madrid et un Saint-Laurent sur le gril dans la collection Contini Bonacossi à Florence.
De cette période datent aussi un Putti avec dragon et un Faune émoustillé par des Amours (circa 1617, coll. Metropolitan Museum of Art) qui sont sans doute encore des œuvres collectives, les premières créations indubitablement de la main du Bernin sont la Chèvre Amalthée avec Zeus enfant et un faune (1615, coll. Galerie Borghèse) de facture naturaliste, le buste de Giovanni Battista Santoni conservé en l'église Santa Prassede de Rome et les allégories de l’Âme damnée et l’Âme sauvée (1619, conservées au Palazzo di Spagna).
Avec les quatre groupes Borghèse qui l'occupent pendant cinq ans, Le Bernin atteint une gloire immédiate. Il s'agit de trois sujets mythologiques et un biblique correspondant aux centres d'intérêt antiquisants de leur commanditaire, le cardinal Scipion Borghèse :
L’Énée et Anchise ne se démarque pas encore totalement de l'influence paternelle maniériste et est sans doute forcement influencé par une fresque de Raphaël dans la Stanza dell’Incendio di Borgo au Vatican où, fuyant l'incendie de Rome, un homme mûr porte son père sur ses épaules, suivi de son fils. D'un point de vue allégorique, l'œuvre représente les trois âges de la vie, où Anchise porte sur ses épaules une statue des dieux Lares, il est lui-même porté par son fils Énée alors qu'Ascagne les suit en soutenant le feu sacré, les trois (et la statue des ancêtres portée par Anchise) fondant une représentation spatiale d'un arbre généalogique. D'un point de vue psychologique, il n'est pas innocent que Le Bernin choisisse ce thème (un fils dans la force de l'âge portant son père affaibli sur ses épaules) alors qu'il atteint la majorité.
Le Rapt de Proserpine est un sujet tiré des Métamorphoses d'Ovide quand Pluton enlève Proserpine. Il est offert au cardinal Ludovico Ludovisi neveu du pape Grégoire XV et secrétaire d’État, il reviendra par la suite dans les collections de la galerie Borghèse. Sa composition en spirale est faite pour accentuer le dynamisme dramatique et est soulignée par le mouvement des cheveux et des drapés. L'empreinte des doigts du dieu des enfers dans les chairs de Proserpine est virtuosement réaliste et participe aussi de l'effet dramatique du rapt.
Avec son David, Le Bernin, âgé d'à peine vingt-cinq ans, se mesure avec l'icône insurpassable de la Renaissance italienne, le David de Michel-Ange, l'un comme l'autre symbolisent à la perfection l'art de leur temps : autant l'œuvre michelangelesque est posée, digne, racée, élégante, autant Le Bernin parvient, en représentant David sur le point de lancer son projectile à l'aide de sa fronde, le torse tourné, le visage grimaçant d'effort, à réunir tous les éléments de l'art baroque : l'énergie, le mouvement, le dynamisme. Et l'on peut dire que celui-ci est le symbole de la Rome de la Contre-Réforme, d'une église prête à affronter ses adversaires alors que celui-là représente à la perfection la Florence de la Renaissance, fière cité jalouse de son indépendance. À moins qu'il ne s'agisse du geste du Bernin lui-même, défiant le Goliath-Miche-Ange ?
Le sujet d’Apollon et Daphné est une fois de plus tiré des Métamorphoses d'Ovide : la nymphe Daphné, victime des ardeurs du dieu Apollon, supplie son père de lui venir en aide ; Pénée transforme alors sa fille en laurier et Le Bernin capture ce moment précis opérant par-là une mise en abyme puisque dans une scène pleine de vie et de pathos, il immobilise dans le marbre la jeune nymphe qui se fige dans une écorce protectrice et s'enracine dans la terre. Au risque de nous répéter, on ne peut que souligner la tension dramatique, l'impression de mouvement donnée par une construction en spirale typique de l'art baroque en général et marque de fabrique du Bernin en particulier. Avec cette œuvre, Le Bernin atteint un summum esthétique.

Della Porta, Giacomo (v. 1540-1602), architecte et sculpteur italien.
Membre de l'Académie de Saint-Luc, artiste officiel de l'Église et du patriciat romain, Giacomo Della Porta a travaillé le plus clair de son temps dans la cité papale et dans le Latium. L'importance de sa production, caractérisée par un style monumental souvent austère, tout à fait conforme aux exigences de la Contre-Réforme, participe pour beaucoup à la singularité du paysage urbain de Rome.
Né probablement à Porlezza (Lombardie), élève et disciple du Vignole, Giacomo Della Porta lui succède pour l’achèvement de la construction de plusieurs édifices, dont l’église du Gesù — dont il conçoit la façade ornée de pilastres et la coupole à nervures (1575), et qui a servi par la suite de modèle à nombre d’églises des XVIIe et XVIIIe siècles —, le Palais sénatorial du Capitole (1582-1605) et le palais Farnèse dont il achève en 1589 la loggia supérieure de la façade donnant sur la via Giulia. À Saint-Pierre de Rome, il reprend les dessins de Michel-Ange et termine l'édification du dôme en deux ans (1588-1589). Il alterne chantiers religieux (églises de Saint-Louis-des-Français, de Sainte-Marie-des-Monts, Sant’Andrea della Valle, San Giovanni dei Fiorentini, etc.) et œuvres civiles (cour du collège de la Sapienza, palais Maffei, Ruggeri, Fani, Cornaro, Caetani Lovatelli, Aldobrandini-Chigi, etc.). Hors de Rome, à Frascati, il réalise à partir de 1598 la villa Aldobrandini, célèbre pour son « théâtre d'eau » de Carlo Maderno et Giovanni Fontana. Ses fontaines romaines (place Navone, place du Peuple, place du Panthéon, etc.) dénotent une inspiration beaucoup moins sévère et, tout particulièrement, la fontaine des Tortues de la piazza Mattei, d'un goût presque rococo, que Taddeo Landini a exécutée d’après son dessin.








